L’Institut polytechnique UniLaSalle possède une riche collection d’objets géologiques (fossiles, minéraux, roches…) ; nous vous invitons à lire les précédents articles à ce sujet. Mais comment ces échantillons se sont-ils retrouvés dans notre compactus ? Est-ce une collection vivante ou non ?

Pour répondre à la première question, une grande partie de nos échantillons a été récupérée lors des multiples missions géologiques effectuées par les chercheurs, les géologues, les enseignants et les étudiants de notre Institut. C’est ainsi que nous possédons des fossiles et des roches de nombreux pays : Niger, Espagne (missions d’A. F. De Lapparent) ; Afghanistan, Egypte (missions de C. Montenat) ; Calabre, Emirats Arabes Unis, Sultanat d’Oman (missions de P. Barrier) pour ne citer que ces exemples.

La seconde question est intéressante car souvent les étudiants ou les personnes extérieures nous demandent combien de dons nous avons chaque année pour compléter nos collections. Notre compactus est un patrimoine vivant. Nous recevons régulièrement des dons de particuliers ou de géologues (de la simple roche à des armoires pleines) et surtout nous continuons à compléter nos tiroirs en rapportant des échantillons de différentes missions. Nos étudiants nous aident aussi dans cette démarche de conservation du patrimoine.

Concrètement, lors de nos dernières missions de terrain en septembre 2017, 12 enseignants-chercheurs en Géosciences et environ 120 étudiants de notre Institut étaient répartis sur différents terrains à la fois en France, en Italie et en Espagne (fig.1).

Figure.1 : Groupe d’étudiants en géologie sur le terrain accompagné par leurs enseignants

De nombreuses données géologiques ont été recueillies (relevés cartographiques et géologiques, dessins, photographies) et quelques échantillons ont été récoltés pour nos collections : des gastéropodes fossiles (Lychnus et Velates), des fragments de coquilles d’œufs de dinosaures, une liane fossile du Toarcien, un rudiste métrique et surtout les restes d’une carapace de tortue fossile de l’Eocène trouvée et rapportée par un groupe d’étudiants de la promotion 081 : Benoit DU FAYET DE LA TOUR, Ulysse LORIDANT, Amelie PINSON et Léon FOUCAULT. Lors de leur travail de cartographie géologique, ces quatre étudiants ont dans un premier temps trouvé un fragment de plaque de tortue posé sur le sol. En y regardant de plus près, ils se sont aperçus que ce fragment était accompagné d’une partie de la carapace disloquée (fig.2).

Figure.2 : Une photographie de la tortue fossile avant son extraction.

Le tout étant encore pris dans la marne grise à Nummulites indiquant un milieu marin de faible profondeur. Ils ont commencé à prendre des photos et nous en informer par email. Vu l’intérêt du fossile, la décision a été prise d’extraire le fossile afin de le conserver dans notre collection. Les étudiants ont eu la gentillesse de faire la donation de leur trouvaille à notre compactus. A son arrivée à Beauvais, le fossile était constitué d’un grand bloc marneux friable et d’un sac rempli de fragments de marnes et de plaques de tortue mélangés. Il a fallu trier, dégager, recoller et durcir l’ensemble pour en faire un fossile présentable au public ou à d’éventuels paléontologues (fig.3).

Figure.3 : le bloc principal contenant le fossile restauré. Il faut remarquer la dent de crocodilien au milieu des plaques de la carapace disloquée.

Sa préparation a fait ressortir la moitié postérieure d’une carapace de tortue d’eau douce Allaeochelys sp. (fig.4), qui devait mesurer 0,80 mètres de longueur. Cet ensemble de plaques est accompagné d’une dent d’un crocodilien indéterminable. Il est donc facile d’imaginer un crocodile mangeant cette pauvre tortue au bord de la mer. Si vous êtes intéressés de voir cette nouvelle acquisition, cette tortue fossile est exposée dans l’une des vitrines du couloir menant au département Géosciences au sein de l’Institut Polytechnique UniLaSalle à Beauvais.

Figure.4 : La reconstitution d’une Allaeochelys sp. (dessin : GHARRIS, 2002).