Effectuer des sautages complexes au Québec ? par Romane ALLOUARD et Martin GARDEAU (TSP 020)

Deux étudiants, diplômés en janvier 2016, sont partis au pays des Caribous pour y apprendre le dur métier de foreur-dynamiteur. Cette formation typique est assez unique et le gouvernement québecois peut faire un pont d’or aux jeunes volontaires. Les projets se construisent… Une belle expérience qui apportera sans aucun doute de nombreuses opportunités aux deux aventuriers…

Allo (bonjour en québécois), nous sommes Romane et Martin, deux jeunes diplômés de la formation Technicien Supérieur Professionnel en Géologie, promotion 020. Contrairement à certains de nos camarades qui ont décidés de se lancer dans la vie active ou de continuer en master, nous,  nous avons choisi de continuer notre bout de chemin vers le Canada. En effet, en février 2016 nous avons commencé une formation de forage et dynamitage à Chibougamau dans le nord du Québec pour une durée de 6 mois. Pourquoi ce choix ? Nous avons décidé de suivre ce cours pour ajouter des compétences complémentaires à notre diplôme de technicien en géologie.

Ce cours permet d’obtenir un diplôme de foreur-dynamiteur ou de « boutefeu » qui permet de travailler dans les carrières et les mines à ciel ouvert.

Pour expliquer simplement ce qu’est un « boutefeu » nous pouvons dire qu’il s’agit de la personne en charge de forer, de charger à l’aide d’explosifs, et de connecter des trous afin de broyer une masse de roche et de pouvoir l’excaver à l’aide d’engins de chantier. L’excavation de roche est souvent nécessaire soit dans la construction pour la création de routes par exemple, ou dans les mines pour extraire les minéraux des roches (l’or par exemple).

Durant ce cours nous avons appris à interpréter et à établir des plans de forage et des plans de tir, à utiliser des foreuses et à procéder à des sautages (tirs) complexes.

La formation s’est déroulée en 3 temps : une partie théorique d’un mois où nous avons étudiés  les lois liées à l’utilisation d’explosifs, les propriétés des différents explosifs mais aussi la géologie.

La partie pratique a débuté en mars pour se terminer en juillet. Pour effectuer ce côté pratique nous avons eu accès à une carrière de basalte et nous avons travaillés  sur un horaire alternant une semaine de cours de 80h et une semaine de repos. Nous avons débutés en apprenant à déplacer les foreuses sur différents types de terrains, et à effectuer des petits sautages. Au fur et à mesure de l’avancée du cours nous avons appris à forer avec des foreuses manuelles, pneumatiques et hydrauliques, à entretenir les machines et à évaluer les charges d’explosifs à mettre en place dans les trous de forage en prenant en compte différentes contraintes.

La partie pratique du cours est assez difficile tant sur le plan physique que moral. Par exemple lorsque nous avons commencés le terrain il y avait plus d’un mètre de neige, les températures étaient extrêmes jusqu’à -38 degrés avec des ressentis allant parfois jusqu’à -45 degrés, et surtout … Il a neigé jusqu’à la mi-mai ! Mais ce n’est pas tout à partir de juin nous avons eu le droit à l’invasion des moustiques jusqu’à la fin du cours et aux grosses chaleurs. Cela peut paraître pour de futiles détails mais ils ont été des facteurs importants de notre état  physique et moral. Le boutefeu doit également souvent porter de charges lourdes dans des terrains escarpés : caisses d’explosifs, matériel de forage.

Notre « roulotte de chantier » qui servait de salle de classe

 

Début du cours pratique

En fin de cours nous avons eu un projet de fin d’année qui consistait à agrandir un chemin, qui, l’été est pratiqué par les quads et l’hiver par les  motoneiges. Nous avons donc extrait la roche du sol pour pouvoir l’agrandir  tout en ayant des contraintes puisqu’il y avait un pont à proximité, une rivière et la forêt qui ne devaient absolument pas recevoir de roches durant les sautages. C’est dans ce projet que nous avons appliqués tout le savoir acquis durant la formation. Ce fut un beau projet qui s’est très bien déroulé.

Travail d’équipe pour l’utilisation des foreuses manuelles

Le cadre de travail peut être remarquable (durant notre projet final)

Le cadre de travail peut être remarquable (durant notre projet final)

Chemin après plusieurs sautages

Chemin après plusieurs sautages

La troisième partie du cours est un stage d’une semaine dans une entreprise de notre choix. Nous l’avons effectué pour l’un : dans une entreprise de fabrication d’explosifs qui livre et aide à effectuer les sautages essentiellement en carrières, et pour l’autre ce fut l’observation de l’utilisation des foreuses dans une mine qui extrait de l’or.

Nous avons également effectué une formation supplémentaire proposée par l’école. Il s’agit de la formation modulaire du travailleur minier qui permet de travailler en mines souterraines en acquérant essentiellement des connaissances sur la sécurité dans les mines.

Ayant tout les deux validé notre formation, nous tentons actuellement d’obtenir de nouveaux visas pour travailler au Canada.

Ce fut pour nous deux une très belle expérience et nous avons acquis un complément de techniques et de connaissances dans le domaine des mines et carrières.

Si vous avez des questions sur la formation, les démarches ou autre n’hésitez surtout pas à nous contacter.

Romane et Martin (020)

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